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Le concept de contre-transfert est loin d'être univoque. Plus que toute autre notion afférente à la clinique psychanalytique, il a été marqué par l'évolution de la théorie de la technique. Aussi, avant d'aborder l'angle particulier que j'ai choisi de développer, me paraît-il nécessaire de préciser le sens que je lui attribue.
Il n'est pas question de reprendre ici l'histoire du concept, ni l'influence des écoles sur les acceptions qui lui sont attribuées. Je me contenterai de situer brièvement ma position personnelle.
Le contre-transfert a connu un intérêt croissant depuis Freud. Ce dernier en limitait l'application à «l'influence du malade sur les sentiments inconscients du médecin», influence induite par le transfert du patient. Générateur des «taches aveugles», il était conçu selon son versant négatif : obstacle au travail de l'analyste, il est préjudiciable et inapproprié.
L'article de P. Heiman fut déterminant dans l'élargissement du concept. Cet auteur intronise, on s'en souvient, l'utilisation du contre-transfert dans le travail du psychanalyste, la prise de conscience des sentiments et des représentations suscitées par le patient ouvrant l'accès à une compréhension nouvelle du transfert.
Aujourd'hui, la notion de contre-transfert, du moins celle à laquelle j'adhère, inclut ces deux composantes du fonctionnement mental de l'analyste, celle qui occulte la perception de certains secteurs du transfert et celle qui, au contraire, contribue à la compréhension du transfert, mais les intègre dans une conception plus générale encore. Le contre-transfert est considéré comme l'activité psychique déployée par l'analyste en réponse aux sollicitations de l'analysant. Il inclut les réactions conscientes et inconscientes. Mais il engage également la spécificité de l'analyste marqué par son histoire personnelle, sa théorie, ses options techniques. Toute situation thérapeutique se définit, dès lors, par la spécificité de l'espace transféro-contre-transférentiel qu'elle génère.
Dan