You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Dès 1915, le cadre analytique est entièrement constitué et il ne variera plus guère jusqu'aux distorsions lacaniennes. Mais ceci ne veut pas dire qu'aujourd'hui nous analysons comme Freud en 1915 et cela appelle deux remarques:
Entre la technique analytique telle qu'elle figure dans les écrits freudiens et la pratique de l'analyste Freud, il y a plus qu'un simple écart. Curieusement cette pratique a été soigneusement maintenue secrète par les héritiers de Freud et ce n'est que tout récemment (depuis les éclats de P. Roazen) que l'on peut avoir accès à un Freud peut-être critiquable mais plus humain.
Pour avoir quelques indications sur les pratiques de Freud dans les années 20, il faut lire le bon article de L. Nissim Momigliano, “Une saison à Vienne, mais Freud était-il vraiment freudien?” (Int. Rev. Psycho-anal., , 14, 378-388), basée sur les écrits des analyses de Freud entre 1920 et 1938. C'est parfois époustouflant… Comme ces fins de séances ponctuées par un bâillement du chien Yofi… André Green écrira que “la pratique de Freud, peu orthodoxe, était constituée d'interprétations géniales et inégalées, sur fond de séduction active, étayée sur un bavardage innocent à ses yeux, où il se dévoilait pourtant beaucoup” (1).
Si Freud a bien perçu théoriquement, après maintes réticences, la force du transfert, il semble n'avoir jamais su laisser jouer entre eux ces processus dans sa pratique. La notion de contre-transfert reste très statique chez Freud. Et il n'a pas répondu aux nombreux appels du pied de Ferenczi qui fut le premier à élaborer une métapsychologie du contre-transfert. C'est bien dans cette lacune là, que Mélanie Klein devait cerner la notion capitale d'identification projective, presque totalement absente dans la pensée freudienne, alors que l'on le sent parfois fort proche de sa découverte.