You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Une séance clef. Il entre pieds nus dans des sandales. Il avait raconté la fois précédente la manière dont sa femme s'inquiétait de ses pieds nus alors qu'il fait froid dehors (novembre). Comme il travaille dans le secteur du bâtiment, il utilise la terre glaise et s'étend sur les propriétés naturelles d'isolant de ce matériau. Il me parle d'une maison qui n'a pas encore été plâtrée, la maison ressemble pour le moment à une hutte, avec des brins d'herbes qui dépassent de tous les côtés à la manière d'un nid d'oiseau. Pendant une fête de famille, il avait montré des photos de son travail à ses parents mais il avait l'impression que son père n'était pas vraiment intéressé et que son frère se moquait un peu de lui. Il sait que son frère était venu espionner. Il avait l'impression d'avoir manqué de beaucoup en tant qu'enfant, mais il n'avait pas d'argument réel pour justifier ce sentiment.
“Nous vivions dans une petite maison et nous étions beaucoup d'enfants, pas de chauffage à l'étage, sous les tuiles, avec des fentes entre elles, mais j'étais toujours parmi les gens. Cela devait être une sensation agréable”. Il raconte le souvenir d'un contact sensuel rapide avec une femme, une histoire de fascination. Une image du film de Derzou Ouzala lui passe par la tête : un chasseur d'ours qui, après la saison de chasse, a été vendre ses peaux; et à un moment donné, il se retrouve seul avec un commandant de l'armée avec lequel il s'est lié d'amitié. Ils sont sur un lac gelé et ne savent plus partir, il gèle. Derzou Ouzala coupe toute la paille qui dépasse de la glace et ils en font un tas au-dessus d'eux. Il avait raconté lors d'une autre séance, qu'il fait des raids de survie; il ne prend même pas à boire mais boit ce que lui donne la terre; et la sensation la plus merveilleuse pour lui c'est lorsqu'il fait froid et qu'il dort dans la tente, emmitouflé dans son sac de couchage, seuls ses yeux découverts.
“C'est comme si les deux, le chaud et le froid, doivent se prod