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Si l'on veut bien garder un peu d'humour, je dirais que concevoir un texte sur le rêve risque de virer au cauchemar pour au moins trois sortes de raisons qui me serviront d'articulation dans le travail qui suit.
En premier lieu parce que le livre princeps de Freud “Die Traumdeutung” publié en 1900 résulte d'un lent travail d'élaboration qui prend ses racines dès “L'Esquisse d'une psychologie scientifique” c'est-à-dire en 1895. Toutefois, Freud n'écrira à Fliess qu'en février 1898: “Je suis plongé dans mon travail sur le rêve que je rédige rapidement”.
Si cet ouvrage constitue une étape importante et primordiale de la pensée scientifique de Freud, il n'en est cependant qu'un maillon qui va se poursuivre et se développer jusqu'en 1906, date de la publication des “Trois Essais sur la Théorie de la Sexualité”. Se trouvent ainsi jetées les bases et les fondations de ce qui va constituer l'édifice psychanalytique.
Cependant, “La science des rêves” occupe une place privilégiée et presque mythique au regard de l'ensemble de l'oeuvre freudienne.
Il est, en effet, tout à fait possible de trouver dans ce texte de nombreux points de théorie ou de clinique à peine ébauchés qui donneront lieu à des développements novateurs.
A l'inverse, il est également tentant de faire une relecture du texte à la lumière des développements actuels de la psychanalyse et de pointer ainsi les failles ou les insuffisances de notions partiellement élaborées.
En d'autres termes de reprocher au père fondateur de n'avoir pas tout fait… ou, au contraire, d'idéaliser l'auteur et son génie; signe évident du transfert qui traduit le rapport que nous entretenons avec la théorie et, par voie de conséquence, avec son créateur.
On risque alors, à partir d'un concept, de se retrouver par fa force des choses au milieu d'une forêt d'idées comme cela est souvent le cas dès que l'on étudie une notion psychanalytique et perdre le fil directeur que l'on s'est donné : à savoir le rêve.
C'est la raison pour laque