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Il est un petit fait sur lequel on ne saurait trop insister, à savoir qu'une pensée vient quand “elle” veut et non quand “je” veux.
Pour comprendre de l'intérieur la profonde mutation que va connaître la pensée métapsychologique de Freud dans les années 20, il nous faut faire un bref retour en arrière pour reprendre “le fil rouge” qui commence à se tisser quelques années plus tôt. Avec l'essai de 1914 “Pour introduire le narcissisme”, Freud avait “porté un coup” à sa première théorie des puisions : en effet, l'opposition entre les pulsions sexuelles et les pulsions du moi ne tenait plus si l'on pouvait dégager l'existence d'une “libido du moi” à côté d'une libido d'objet”. En novembre 1914, Freud écrit à Lou Andrea Salomé qu'”il travaille secrètement à des choses très vastes”. Son projet à ce moment était d'écrire “un travail du même genre et du même niveau que le chapitre VII de L'interprétation des rêves”, un grand travail théorique qui lui permettrait, comme en 1900, de rassembler sa pensée afin de produire un modèle théorique intégrant les nouvelles observations cliniques et les avancées théoriques liées à l'introduction du narcissisme. Au début, il travaille rapidement : les trois premiers essais “Pulsions et destins des pulsions”, “le Refoulement” et “l'Inconscient” paraissent comme prévu en 1915. En juin 1915, il écrit à Ferenczi : “les douze premiers essais sont - en quelque sorte - terminés”… Freud n'était pas satisfait et la légère réticence qu'il manifeste va encore s'amplifier. En 1917, paraissent les deux derniers essais “Complément métapsychologique à la théorie du rêve” et “Deuil et mélancolie”. Les sept autres essais ne méritaient que “suppression et silence” écrit Freud, qui décida de les détruire. Comme en 1897 quand il confie à Fliess “Je ne crois plus à ma neurotica”, Freud traverse une crise qui va déboucher sur une refonte cruciale de la métapsychologie. Comme l'écrit Peter Gay : “Freud se trouvait dans une de ses mystérieuses phases cré