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La question essentielle que pose J.-P. Lebrun dans cet ouvrage, est de savoir s'il existe une place pour la parole du Sujet au sein de la pratique médicale. Pour répondre à cette question, l'auteur fait appel à trois ressources qu'il connaît fort bien: l'histoire de la médecine, la clinique de l'activité médicale et la théorisation de J. Lacan.
De l'histoire de la médecine dont il donne un aperçu brillant, J.-P. Lebrun tend à montrer que la médecine scientifique telle qu'elle s'est organisée au 19e siècle tend d'emblée à évacuer inéluctablement la dimension de l'homme malade pour se consacrer, et réduire ainsi son champ d'action et de compréhension, à la seule maladie. La médecine qualifiée expérimentale par C. Bernard devient ainsi selon l'auteur, “l'antidote” de la médecine hippocratique jugée trop passive et descriptive, pour laisser se développer une médecine scientifique qui cherche activement à se donner des moyens efficaces d'intervenir sur le cours des maladies. C'est à son impuissance que la médecine s'attaque alors en renversant la dimension de l'impossible. Dès l'abord et c'est un des grands mérites de cet ouvrage, J.-P. Lebrun montre combien toute activité médicale est infiltrée non seulement par