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En 1968, j'ai présenté un travail dans lequel s'articulaient des situations cliniques et des observations de nourrissons. Ce travail concernait ta fonction primaire de ta peau du bébé et des premiers objets de celui-ci en rapport avec les assemblages psychiques les plus primitifs non encore différenciés des parties du corps . J'y ai décrit quelques manifestations évidentes suggérant que dans les tous premiers temps les parties de la personnalité dépourvues de force de cohésion intrinsèque risquent de se désintégrer à moins d'être maintenues ensemble passivement. C'est une expérience indissociable de la sensation du corps contenu par la peau. J'ai fait l'hypothèse que dans le cas d'un développement défectueux de la fonction maternelle de “contenance”, des mécanismes de “peau secondaire” tels que l'utilisation des muscles et de la voix pouvaient apparaître en relation avec certaines caractéristiques du maternage. Ceci peut avoir des conséquences pour le développement de la personnalité et j'en ai donné quelques illustrations particulièrement en référence avec la force du moi, la pseudo-indépendance et la tendance à la désintégration.
Dans cette communication, je souhaite étoffer les résultats précédents et les explorer plus en profondeur. La même enfant, Marie, dont j'ai utilisé le matériel précédemment va nous permettre d'explorer ce domaine plus en détails. Elle me fut envoyée pour une analyse à l'âge de 3 ans 1/2, en raison d'un retard général grave consécutif à une naissance difficile : la mère avait subi une césarienne après avoir tenté vainement d'accoucher de façon normale. Dans les toutes premières semaines, Marie serrait tellement le mamelon, qu'il était difficile de le lui enlever de la bouche et lors de la seconde semaine, la mère perdit beaucoup de lait. Marie devint un nourrisson qui tétait paresseusement mais qui était toujours impatient de prendre le sein qu'elle n'abandonna pas avant l'âge de 11 mois. Dès le début, elle se montra assez intolérante à la