You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
, Les deux courants du transfert, Coll. “Le fait psychanalytique”, PUF, 1993, 232 pp.
Avec son ouvrage sur les “Deux courants du transfert”, Jacqueline Godfrind nous invite à réfléchir aux questions qui se posent de plus en plus au psychanalyste, une fois qu'il s'est rendu sensible à ce qui se donne à voir dans le transfert, et qu'il n'est guère plus possible, depuis belle lurette, de situer uniquement sur le versant névrotique. La névrose, rappelons-le, est restée longtemps le modèle privilégié sur lequel pouvait opérer le travail analytique classique. En vérité, dès le temps de Freud, certains aspects des patients évoqués échappaient à cette tentative d'une sorte de lecture unique, et aujourd'hui plus d'une des “Cinq psychanalyses” connaîtrait un décryptage différent !
J. Godfrind nous propose d'assortir notre lecture du transfert d'une attention particulière ou systématique à ce qu'elle appelle le courant transférentiel de base, celui qui se situe, non plus au niveau des conflits rencontrés au sein d'un fonctionnement psychique élaboré, mais davantage au niveau de ce qui constitue l'établissement même des conditions de possibilité d'un tel fonctionnement. Nul ne s'étonnera dès lors d'y rencontrer la question de la symbolisation, ou encore de la mentalisation, ou pour emprunter un titre récent, la question de la “naissance à la vie psychique”. Cette réflexion, inaugurée voici quelques années, s'intéresse de plus près à ce qui se joue pour permettre ou non le développement du psychisme infantile, et consécutivement l'essor de la vie mentale. J. Godfrind aborde de front de telles questions dans le contexte même de la cure analytique.
Dans sa Préface, Jean Guillaumin souligne l'intérêt de cette idée “nouvelle et fort remarquable” de deux “courants transférentiels” simultanés. “Cette position, écrit-il, exige de l'analyste qu'il tienne ouvertes, ensemble, autant qu'il est possible, deux oreilles transférentielles, pour entendre le jeu de deux courants l'un sur