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Je parlerai d'abord des fantasmes que nous avons concernant les groupes et des fonctions que remplissent ces fantasmes. Puis je parlerai de certaines caractéristiques des groupes, qui peuvent influencer de façon importante notre fonctionnement mental.
Mais je commencerai par deux anecdotes qui appartiennent à ma vie de famille, pour illustrer un point de vue auquel j'adhère, mais que je ne pourrais pas prouver.
Imaginez-vous la fin d'un repas de famille. Nous sommes huit et la tête de la table est tenue par ma petite-fille. Elle a environ dix-onze mois, et c'est une des premières fois qu'elle est là avec tout ce groupe. Sa maman est en train de raconter une histoire. Elle la raconte non seulement avec des mots, mais en employant tout son corps. C'est une histoire bien amusante, qui fait rire tout le monde. Ma petite-fille regarde attentivement de l'un à l'autre, et elle sourit avec une certaine hésitation, comme si elle se demandait ce qui se passe. Mais quand sa maman s'arrête de parler, tout d'un coup, elle fait une série de gestes qui, apparemment tiennent ensemble. L'effort que cela lui demande s'exprime sur son visage tordu. La plupart des gestes sont difficiles à reconnaître parce qu'elle les exécute encore très maladroitement. Le tout est tellement imprévu et tellement drôle, que nous rions tous et quand elle s'arrête, elle a l'air très fière et bien contente d'elle-même. A ce moment-là, sa maman reprend, mais en chantant, parce qu'apparemment tous les gestes appartiennent à une de ces chansons d'enfants, que la mère a souvent chanté avec sa fille, et où chaque phrase est accompagnée d'un geste.
Cette petite-fille s'était vraisemblablement fait une image, un fantasme de “ce que c'est qu'un groupe” et “à quoi ça sert”. Pour elle, en ce moment, le groupe de famille est une situation dans laquelle on se raconte des histoires gaies; des histoires qu'on a apprises ailleurs et pour elle, le geste vaut bien la parole.
Dans la même situation, cette même petit