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Au moment où je réfléchissais à ce que j'allais exprimer dans ce texte, un jeune garçon me fournit une illustration particulièrement pertinente. C'était la quatrième fois en trois ans que cette famille faisait appel à moi. Les deux premières fois, il s'agissait du frère cadet de celui-ci. Chaque fois, des troubles de comportement plutôt mineurs s'étaient arrangés très rapidement par une intervention brève. La première fois que je vis Marc, l'aîné, il avait onze ans et une angoisse importante. Une seule séance où je reçus le garçon avec ses parents en eut raison et la séance ultérieure que j'avais prévue fut annulée pour cause de guérison. Le “miracle” s'était produit à la suite d'une interprétation oedipienne assez banale. C'est environ un an après cet épisode que je revois Marc. Il est à nouveau très angoissé depuis quelques semaines et vient cette fois seul avec sa mère. Je ne tire aucun élément significatif d'un entretien avec l'enfant seul. La situation me paraît opaque. Je sollicite alors la mère et lui demande si son fils est le seul de la famille à souffrir de crises d'angoisse. C'est alors qu'elle me révèle, après avoir hésité à s'exprimer devant son fils qui ignorerait cette histoire, l'angoisse chronique de son mari qui semble liée à de grandes difficultés relationnelles dans sa famille d'origine. Ces vieux conflits avaient été réactivés récemment. Ils se situent dans une problématique de séparation douloureuse. La mère et le fils ont été rapidement soulagés de pouvoir renvoyer l'angoisse à son propriétaire légitime et ceci a mis fin au transfert de symptôme dans le système familial. Il y aurait beaucoup à dire sur les mécanismes qui soustendent un tel déplacement. Notons seulement que le fils s'est trouvé porteur d'une angoisse issue d'un conflit non élaboré et en tout cas partiellement dénié par le père.
Je n'envisagerai ici que le rapport de l'individu à ses groupes d'appartenance naturels. Le premier et le plus important de ceux-ci est évidemment le gro