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Nous avons tenté, lors de ce colloque, d'approcher notre microscope mental d'une infime partie d'un objet particulièrement difficile à cerner : le groupe. Le groupe pour le meilleur et pour le pire - comme nous le dit M.J. Vansina - selon qu'il favorise la croissance psychique ou qu'il l'entrave.
Freud a ouvert la voie de l'exploration des mécanismes à l'oeuvre dans les groupes en s'intéressant particulièrement aux processus identificatoires qui sous-tendent les liens entre les individus d'un groupe.
“Risquons-nous donc à corriger l'affirmation de Trotter : l'homme est un animal de troupeau en disant qu'il est plutôt un animal de horde, être individuel d'une horde menée par un chef”, nous dit Freud et, plus loin, il nous montre le piège d'une telle situation.
“Le caractère inquiétant, coercitif, de ta formation en foule, qui se manifeste dans ses phénomènes de suggestion, peut donc à bon droit être expliqué par le fait que ceux-ci découlent de ta horde ordinaire. Le meneur de la foule demeure toujours le père originaire redouté, la foule veut toujours être dominée par une puissance illimitée, elle est au plus haut degré avide d'autorité, elle a, selon l'expression de Le Bon, soif de soumission. Le père originaire est l'idéal de la foule qui domine le Moi à la place de l'idéal du moi”.
(“Psychologie collective et analyse du moi”), Freud.
Les effets sur le développement psychique individuel peuvent être dévastateurs. La force de suggestion entraîne une conviction qui n'est plus fondée sur le travail de pensée mais sur la formation d'un lien érotique. Nous voilà donc dans le pire des cas de figure : celui d'une pensée agonisante et défaite. Les exemples ne manquent pas dans notre monde. Ceux qui ont vécu la déshumanisation d'un univers concentrationnaire ne le savent que trop !
“La raison, l'art, la poésie ne nous aident pas à déchiffrer le lieu d'où ils ont été bannis. Dans la vie quotidienne de là-bas, faite d'ennui rehaussé d'horreur, il était salutaire de les oublier, co