You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Le mérite de ce colloque est de faire apparaître dans notre champ de vision, un nouvel objet, le groupe, entité complexe et mystérieuse, dont nous allons devoir peu à peu définir la place et la fonction dans la vie psychique. Si Freud dans une série d'articles théoriques a exploré les rapports de l'inconscient groupal et de l'inconscient individuel, il ne s'est pas attaché à l'impact du groupe dans l'homéostasie psychique. Or la clinique nous démontre que l'appartenance groupale joue un rôle considérable dans la régulation narcissique et dans l'étayage ou le blocage de la construction identitaire : c'est pourquoi il nous faudra sans doute dans les années qui viennent, ajouter, à notre écoute de la dynamique pulsionnelle, du narcissisme et des relations d'objet celle des interactions conscientes mais surtout inconscientes entre l'individu et le groupe.
En fait, l'apparition du groupe dans l'espace de pensée psychanalytique répond à un développement logique du couple théorie/clinique. Il y a cent ans, en choisissant d'explorer la voie du fantasme et de la réalité interne, Freud balisait un inconscient solipsiste, ne prenant du monde dans lequel il baigne que des matériaux pour alimenter ses fantasmes et ses pulsions.
Ce premier modèle d'une psyché monadique a été profondément modifié par la théorie dite des relations d'objet, qui a transformé le sujet de l'inconscient en sujet arrimé à des objets, dont les caractéristiques réelles sont déterminantes pour le développement de l'individu. Cet environnement d'abord limité à la mère et sa relation interne avec le père, s'élargit ces dernières années au groupe et à l'inconscient familial, comme en témoignent les nombreuses publications sur la transmission intergénérationnelle.
L'intérêt de ces travaux est d'attirer notre attention sur le fait, jusque-là méconnu des psychanalystes, que l'homme est une créature groupale. Parce qu'au niveau corporel, l'individuation est accomplie, le postulat que l'individuation psychique est un