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La notion de “névrose infantile” occupe une place dans l'arsenal conceptuel analytique qu'il n'est pas aisé de situer avec précision. J'y vois pour ma part deux ordres de raisons.
La première tient à ce que le concept de névrose infantile est une notion polysémique qui, pour reprendre l'heureuse expression de D. HOUZEL “n'est pas sans créer une certaine confusion sémantique, voire conceptuelle”.
En effet, si tous les psychanalystes s'accordent pour donner à cette notion une place centrale affirmée à maintes reprises par FREUD lui-même; il n'est pas certain que l'on trouve le même consensus dès lors qu'il s'agirait d'en soutenir une définition univoque. Cette ambiguïté se trouve même dans les travaux de FREUD. Le concept inauguré par FREUD en 1904 a subi dans sa pensée de multiples développements qui prennent naissance dans les années 1900 pour se déployer jusque dans l'Abrégé de Psychanalyse en 1938.
Notons, pour mémoire, que ce concept ne figure pas dans l'inventaire du Vocabulaire de la Psychanalyse de LAPLANCHE et PONTALIS. Je pense que cela tient à ce que la notion de névrose infantile est moins un concept qu'un paradigme, un terme générique censé représenter et condenser en un ensemble la totalité et les phases du développement normal ou pathologique de la psyché.
D. HOUZEL, dans le Journal de la Psychanalyse de l'Enfant, propose de façon synthétique deux acceptions de la notion de névrose infantile:
1°- d'une part un courant de pensée dans lequel la névrose infantile est envisagée comme le moment organisateur par excellence du fonctionnement psychique à partir duquel s'articule la personnalité aussi bien “normale” que “pathologique”. On pourrait dire en ce cas que la névrose infantile y est envisagée comme un modèle structurel.
2°- d'autre part, ceux pour qui elle est déjà un système défensif hautement élaboré qui vient protéger le Moi contre les angoisses les plus archaïques ainsi que prévenir les mouvements de désorganisations qui menacent le Moi au to