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“… L'homme est un regard désirant qui cherche une autre image derrière tout ce qu'il voit”.
“Je veux parler des femmes à passions élémentaires, que des compensations ne sauraient satisfaire, des enfants de la nature, qui refusent d'échanger le matériel contre le psychique”.
“Ils (les patients) voudraient, avec leur passion dégagée de tout lien social, tenir à merci le médecin”.
Ces deux citations, extraites de “Observations sur l'amour de transfert” (Freud, 1915), introduisent, dans leur densité, les réflexions que je me propose de communiquer dans le présent article. Elles concernent une certaine dimension amoureuse passionnelle, dimension partielle et limitée, telle que j'ai pu l'appréhender dans mon travail d'analyste.
Freud, dans son article, attribue aux femmes les caractéristiques dont il sera question. Je dirai d'emblée que la “passion élémentaire” n'est pas spécifiquement féminine : tout autant que les femmes, les hommes en sont capables. Les passionnés, les “enfants de la nature”, sont proches de leurs pulsions, de leur corps; l'émergence et l'intensité de leurs passions, du moins celles observables dans le champ de l'amour, sont de préférence agies que pensées. Le terme de préférence est d'ailleurs inadéquat : ils n'ont, en fait, pas la possibilité d'un choix, d'un différé. Ces amours se caractérisent par “l'instantané” de la rencontre et de l'étincelle amoureuse, par la fascination mutuelle, par la dominance et l'importance du contact et de l'embrasement corporel. Dans l'exercice de cette passion et l'espérance omnipotente qu'elle véhicule, transparaît une finalité d'emprise et de contrôle de l'objet ainsi investi, sous-tendue par un certain déni de la réalité et particulièrement celle de l'objet.
C'est à un emprunt littéraire que je ferai référence pour évoquer la qualité spécifique de la rencontre passionnelle qui est au centre de mon propos. Il s'agit d'un extrait tiré du roman de Guy Scarpetta intitulé La Suite lyrique (1992).
“Par la