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Penser n'engendre pas que souffrance. Heureusement ! Il est des moments où l'activité de penser nous donne ce sentiment de cohérence interne et de bien-être avec soi-même et avec l'autre.
L'expérience de la rencontre avec la pensée de l'autre donne naissance au surgissement d'un sens nouveau qui stimule notre désir de découverte et de connaissance. Ces rencontres nous donnent alors le plaisir de comprendre et de se sentir compris dans l'investissement d'un objet commun de pensée et nous pouvons utiliser cette création commune pour donner forme à ce qui est inconnu de soi et en soi. Une invitation au voyage, en somme. Le parcours d'un itinéraire qui se trace au fur et à mesure du travail de transformations psychiques.
Mais notre clinique nous met surtout en contact avec la souffrance que provoque l'émergence d'idées nouvelles au sein de la relation transféro-contre transférentielle. Nous savons que le moi crée un arsenal de défenses plus ou moins handicapantes pour la croissance psychique, tant la rencontre avec le non-moi engendre angoisse et souffrance.
Penser fait donc souffrir; c'est un processus qui naît et se développe sur fond de frustration et de manque. Mais nous n'avons pas le choix, si nous voulons rester vivants et croître psychiquement, nous sommes condamnés à penser. A penser ce monde, notre corps d'abord, puis le corps de l'autre, ensuite la séparation et l'absence. Notre activité psychique est encadrée par la construction des liens avec l'objet présent et celle de la relation objectale qui requiert l'absence de l'objet.
Les affects de plaisir et de souffrance se lient à la pensée et s'articulent en un mouvement d'oscillations, car le je advient, nourri par l'autre absent-présent, connu-inconnu et la naissance psychique ne peut se produire que grâce à la présence d'un psychisme autre.
Ma réflexion interroge les conditions d'émergence d'un plaisir de penser partagé entre l'analyste et l'analysant dans la séance. Il ne s'agit donc pas d'un travail ambitieux q