You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
La langue familière ne s'y trompe pas lorsque du verbe “trinquer” qui signifie autant boire que choquer légèrement son verre contre celui de quelqu'un, elle rajoute le sens de subir un dommage, un désagrément.
Dans un même mot, tout le problème du “boire” s'y trouve rassemblé.
Le patient alcoolique, tout comme l'analyste, n'échappe pas au dommage causé par la boisson.
La difficulté d'une entreprise thérapeutique avec ces patients ne peut que nous faire relancer la question de savoir à quels mécanismes psychiques nous sommes confrontés. Comment définir l'alcoolisme et quel type de travail pourrait-on envisager dans cette problématique? C'est ce que je voudrais aborder lors de ces réflexions.
Il existe bien des définitions quant à l'alcoolisme et bien des classifications en fonction de certaines formes que peut revêtir celui-ci. Aucune ne sont entièrement satisfaisantes. Il ne s'agit pas ici d'en faire une liste ou une critique mais de vous proposer quand même une définition afin que nous puissions nous entendre sur les mots lorsque nous parlons d'alcooliques.
“Est alcoolique celui qui a perdu la liberté de s'abstenir de boire et/ou celui dont l'alcoolisation cause des dommages à lui-même ou à autrui”.
Cette définition, reprise au Haut Comité français d'étude et d'information sur l'alcoolisme, a le mérite d'être simple et de surcroît, d'être agréée par les alcooliques eux-mêmes qui s'y reconnaissent. Dans cette définition, on retrouve ces notions de perte - de liberté - d'abstinence du boire - de dommages - qui est bien tout ce programme auquel est confronté l'alcoolique, maintenant et sans doute depuis toujours.
Ce n'est donc pas l'ivresse, ce que l'on voit de plus apparent, qui peut déterminer s'il y a dépendance alcoolique. Certains alcooliques ne sont jamais ivres ou presque pas.
Leurs consommations sont bien tolérées du moins en apparence en dehors de certains signes que même l'entourage proche, ou les thérapeutes ou analystes ont du mal à repérer a