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, (éd.), Souffrance et psychopathologie des liens institutionnels. Eléments de la pratique psychanalytique en institution, Coll. “Inconscient et culture”, Dunod, Paris, 218 pp., 1996.
Un colloque récent a mis en évidence l'intérêt que mérite auprès des analystes le groupai (Rev. B. Ps., n° 29). L'occasion m'est ici offerte de prolonger quelque peu certaines réflexions.
“Le lien soigne, le lien soignant est susceptible de devenir pathogène”. D'entrée de jeu, René Kaës annonce les difficultés rencontrées par toute institution occupée de soins. Le chapitre introductif ne se contente pas de mettre en place les concepts nécessaires à la compréhension des problèmes exposés, il indique certaines sources essentielles de souffrance: le fait institutionnel lui-même, la particularité de l'institution en question (et notamment les circonstances de sa fondation), la configuration psychique des sujets y participant.
Trois observations éclairent successivement la représentation de l'origine de l'institution, les alliances inconscientes et le refoulement originaire, le narcissisme dans l'institution. L'analyse se clôt sur les défaillances du travail psychique, alors que celui-ci est constamment nécessaire pour que le lien institué ne devienne pas pathologique: la quête du sens de l'origine de l'institution; la fonction psychique du préconscient (je pense à ce qu'a pu dire Andrée Bauduin dans un autre contexte); la fonction “méta-interprétante” pour que soient entendus porte parole, porte-rêve ou porte-symptôme; le double collage auquel on assiste là où jaillit le préconscient, collage à l'objet traumatique et à l'enveloppe pare-excitante. Décharge directe, confusion, démétaphorisation de l'espace discursif plongent alors l'institution dans le marasme. Le déplacement-délégation, les formations de compromis symptomatiques, l'investissement excessif des représentants du narcissisme primaire traduisent tous comment ce qui ne parvient plus à être signifié -interprété - symbolisé du