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Le livre de Jean-Claude Lavie est intelligent, original, insolite et… dérangeant. Du moins est-ce ainsi que je l'ai ressenti, en résonnance, semble-t-il, avec les intentions de l'auteur quand il dit : “Quant à moi, ça n'est pas parce que je ne trouve rien de génial à dire que je n'ai pas pour autant moins envie d'importuner…”.
Que le lecteur ne s'attende pas à trouver une élaboration psychanalytique traditionnelle. Jean-Claude Lavie nous propose un ouvrage où chaque chapitre est conçu sous forme de nouvelle psychanalytique, de narration métaphorique, d'histoire de cas, voire de fable socio-philosophique mais toujours en référence à l'expérience personnelle et psychanalytique de l'auteur. A travers les entrelacs d'une pensée riche en rebondissements, retournements, paradoxes et autres feux d'artifice, l'auteur nous entraîne dans une mise en perspective de la pratique psychanalytique relativisée par son insertion dans l'humain. Ici, l'appartenance à une école psychanalytique comme le recours à une théorie de la technique perd tout son sens au profit d'une interrogation sur l'essence même de la rencontre analytique, ses enjeux, sa finalité, sa part d'inconscient, interrogations existentielles qui ne vont pas sans effet déstabilisateur. Oui, Jean-Claude Lavie pourrait importuner s'il n'incitait à penser…
Ainsi, d'entrée de jeu, à travers une histoire de chats, insolite et troublante, l'auteur nous confronte à l'irrationnel de l'appréhension des signaux du monde extérieur qui prennent les couleurs de notre émotionnalité. Projection, direz-vous, chacun sait cela ! Sans doute. Mais c'est bien ici que le talent de Jean-Claude Lavie se révèle : sortir du champ d'un langage codé et connu, la langue de bois des psychanalystes, et rejoindre la langue des romanciers et des poètes, permet de faire sentir les évidences affectives cachées dans, ou plutôt par, nos discours théoriques. Non que l'auteur néglige les références à ses connaissances d'analyste : c'est bien des fondements de