You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Il n'est pas très fréquent que des psychanalystes abordent la question de leurs interprétations à partir de celle de la stylistique de celles-ci. Non pas sans doute que la question du style serait “nouvelle” ou de moindre importance, simplement le problème habituellement n'est pas pris de front, n'est pas abordé pour lui-même, ou plutôt en lui-même, il apparaît comme effet latéral de telle difficulté du processus, ou est traité “en acte” à partir de ce que fut la forme de l'interprétation de fait proposée à tel ou tel moment d'une séance, ou encore il apparaît pris dans le thème général de l'interprétation.
Cet état de fait interroge donc d'emblée sur fa pertinence ou sur les enjeux latents, voire littéralement inconscients, de cette problématique. S'agit-il de ce genre de question qui engage de manière fondamentale quelque aspect “transitionnel” de l'interprétation dont une espèce de “sagesse spontanée” aurait tenté de maintenir “muette” la question, comme pour mieux la laisser jouer librement, avec l'espoir que ce silence contribuerait à maintenir fa condition de possibilité de son efficacité effective? Il y a des questions dont l'expérience a pu nous apprendre qu'il valait mieux qu'elles ne soient pas posées, dont la suspension creuse l'espace nécessaire au déploiement d'un processus, ouvre même la possibilité de ce processus. “Ce que l'on ne peut dire, il faut le taire”. Comme l'écrit Wittgenstein, il faut “savoir” le taire, trouver la bonne manière de ne pas en parler, celle de le “taire” efficacement: tous les silences ne se valent pas. On renverrait alors la question du style de l'interprétation à celle de “l'art” du psychanalyste, à cette catégorie de concept dont le charme principal est précisément de suspendre l'examen approfondi de ce qu'elle décrit.
A moins que, mais il n'y a pas d'opposition absolue entre les deux hypothèses, à moins que l'on ne considère que l'on n'a pas encore trouvé une manière spécifiquement “psychanalytique” d'aborder cette question,