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Dans un précédent article (Delaunoy, 1994), j'avais tenté une approche du point de vue économique en psychanalyse à l'aide de concepts tirés de l'autoorganisation.
Puis j'avais laissé “reposer la pâte” me disant que j'y reviendrais tôt ou tard. Un jour survint la séance suivante.
Mon analysant en était resté comme 2 ronds de flan. Il m'avait vu avec ma femme, le samedi précédent, dans un magasin de tapis. Et le lundi à sa séance, il en était encore tout ébahi. Bien sûr, il se doutait que je quittais quelquefois mon bureau mais comme ça, à brûle pour point, se rendre compte que je m'occupais de chose aussi terre à terre, si j'ose dire, ça l'avait secoué.
Ce petit épisode, banal en soi et au caractère très inopiné, m'a donné envie de reprendre le travail que j'avais commencé il y a 3 ans car il entrait en résonance avec certaines questions que je me posais (et qui revenaient donc sur le tapis!).
Il m'avait aussi fait pensé à Emmy Von N. qui tout à trac avait dit à Freud: Mais taisez-vous donc! Arrêtez toutes ces questions! Laissez-moi rêvasser tranquillement.
J'imagine Freud surpris, probablement un peu estomaqué, le silence avait dû s'installer. Un silence d'or. Le parfum de la patiente était devenu perceptible, la lumière dans le bureau plus belle, logique et raison avaient été secouées. De petites choses entraient sur la scène qui allait devenir un jour le cadre analytique.
Certes la psychanalyse est affaire de langage mais si on écoute moins les paroles et davantage la musique de la chanson, on s'aperçoit aussi qu'une analyse est faite de mille petit rien, de mille petits détails fortuits qui se mettent parfois à avoir une importance très grande.
Le processus analytique est loin d'être linéaire, et souvent il évolue par crises inopinées: un lapsus du patient ou du thérapeute un acte manqué, une séance qui saute de manière imprévisible, l'effet du hasard d'une rencontre déstabilisent parfois beaucoup plus la compulsion de répétition qu'une interprét