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Depuis l'antiquité, les hommes s'intéressent à l'origine des pulsions sexuelles, à l'importance de la différence des sexes, à la bisexualité, comme en fait foi le mythe d'Aristophane auquel Freud fait directement référence dans “Au-delà du principe de plaisir”, dans l'“Abrégé de psychanalyse” ou encore dans les “Trois essais sur la théorie de la sexualité” lorsqu'il mentionne cette “légende pleine de poésie selon laquelle l'être humain fut divisé en deux moitiés - l'homme et la femme- qui tendent depuis à s'unir par l'amour…”(2). Ne renvoie-t-il pas également à l'esprit ce mythe platonicien en postulant que tous les humains “possèdent à la fois des traits masculins et féminins…” rendant incertain “le contenu des constructions théoriques de la masculinité pure et de la féminité pure?” (3). Cette notion de bisexualité hantera toute sa vie le père de la psychanalyse, dès la genèse de ce thème qui sera l'alpha et l'oméga de son amitié passionnelle et houleuse avec Fliess, soldée après 15 ans par une rupture (4). Mais, depuis la croyance dans un enracinement mythique ou biologique, bien des auteurs auront apporté des modifications et des précisions à ce concept. Sans doute faut-il avec David (1975) reconnaître, qu'encore aujourd'hui, ce regain d'intérêt des psychanalystes pour le sujet n'est pas sans tien avec les bouleversements socioculturels actuels qui compromettent “l'équilibre dialectique du masculin et du féminin” (5) en remettant en cause les statuts des femmes, du couple, de la famille, des homosexuels et oetera.
Le sentiment d'appartenir au sexe masculin ou au sexe féminin s'acquiert très jeune, avant la deuxième année de vie, il précède le stade phallique oedipien ou la reconnaissance de la différence des sexes et une fois acquis, il est immuable, inébranlable, incontournable, irréversible (Kreisler, 1973; Stoller, 1973; David, 1975; Clerk, 1982; Fast, 1984). Dans un texte présenté à la société de psychanalyse de Montréal, Gabrielle Clerk (1982) mentionne que l