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Les thérapies d'un couple avec leur très jeune enfant donnent souvent des résultats rapides et spectaculaires (5 et 6). Quel est le statut des interprétations dans ces traitements d'inspiration psychanalytique? Quel levier faut-il actionner pour obtenir la levée du symptôme fonctionnel de l'enfant? Je n'envisage, dans les considérations qui suivent, que les cas que l'on peut désigner comme névrotiques, c'est-à-dire où l'interaction parents-enfant est en général excellente mais achoppe dans un domaine particulier : alimentaire, concernant le sommeil ou l'apprentissage de la propreté, etc…
Peut-on parler d'interprétations au sens psychanalytique du terme? Il s'agit de rendre conscient des éléments refoulés sans cependant qu'une névrose de transfert ne se développe. Si l'analyste s'appuie sur la part importante de transfert positif qui s'établit rapidement entre le thérapeute et la triade père-mère-enfant, ce transfert n'est jamais nommé, ni explicitement mis en relation avec le passé des parents. L'efficacité des interventions résulte également des multiples identifications des parents au thérapeute, qui est vécu comme un représentant parental : la “bonne grand-mère” dont je parle plus loin. Ce transfert positif résulte d'une confiance de base d'emblée donnée au thérapeute par les parents et qui se transmet à l'enfant. Décider de consulter un psy pour son enfant n'est pas facile et résulte souvent d'un travail mental préparatoire et de l'acceptation que l'aide d'un tiers est nécessaire. C'est ainsi que plus d'une fois, une “guérison” relative s'installe dès la prise de rendez-vous. Si les éléments de transfert négatifs prédominent, il est nécessaire de les travailler car ils peuvent constituer une sérieuse entrave à l'obtention d'un effet thérapeutique et conduire à un abandon du traitement.
J'aimerais commencer par vous raconter l'histoire de Julien, un bébé de cinq semaines, qui m'est présenté par ses deux parents pour pleurs incessants. Mon nom leur a été donné par l