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Ma longue expérience de traitements d'enfants dysharmoniques m'a amenée à m'interroger sur la signification à accorder au mot “interprétation” traditionnellement compris comme la mise à jour par le dire des modalités d'un conflit défensif entre le désir inconscient et son interdiction.
Ce travail d'interprétation s'effectue par l'entremise du transfert et cherche à dégager puis à transmettre le sens caché au coeur du conflit. Ceci implique la structuration du psychisme par le conflit oedipien et une économie régie par la faculté à symboliser.
Or, dans les cas d'enfants placés sous le signe d'une économie traumatique, gravement carences sur le plan de la représentation et de l'accès à un langage affectif et communicationnel, l'usage des mots est le plus souvent inefficace.
En effet, la parole est vécue de manière persécutive, intrusive et la valeur médiatrice et métaphorique est absente. Comme me l'indiquait une jeune patiente avec reproche : “Toi tu préfères parler que jouer !”.
Je n'avais donc qu'à me taire et m'activer car il est vrai qu'avant de causer, l'enfant à dû apprendre précocement à jouer, à mettre en scène, à disposer d'un espace potentiel qui lui permette d'exprimer ses désirs à travers des représentations imagées et animées qui, forgées à partir du corps s'extériorisent pour enfin trouver leur articulation au langage.
Ce travail de mentalisation constitue précisément l'objectif thérapeutique chez ces enfants pris dans les rets d'une pulsionnalité déliée, d'une énergie désobjectalisée responsable de tous les excès.
La tâche consiste dès lors à rétablir les liens objectaux par le canal de propositions sensori-motrices, d'attentions prêtées au corps qui stabilisent la charge énergétique et remobilisent les auto-érotismes à travers le ressenti tonico-émotionnel éprouvé au contact du thérapeute. Un champ d'expériences renarcissisant peut ainsi se développer et contribuer à la cohésion somato-psychique.
L'appréhension d'un corps relibidinalisé et unifié concourt al