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L'ouvrage de Jean Cournut inaugure une nouvelle collection des PUF, “Epîtres”, que l'auteur dirige avec Claude Le Guen. Cette collection a pour souci de mettre à la disposition des lecteurs des ouvrages de présentation aérée, ne dépassant pas 160 pages dont une partie consacrée à des articles déjà publiés et, détail non négligeable, vendus à un prix qui se veut démocratique. Parmi les volumes déjà parus à ce jour, citons, T'“Epitre à l'objet” de Florence Guignard, “Le refus du féminin” de Jacqueline Schaeffer, “De la pratique analytique” de Thierry Bokanowski.
De lecture agréable et aisée, l'Epître de Jean Cournut m'a intéressée à bien des égards. Largement inspirée du Rapport présenté avec Monique Cournut à Paris en 1993 au “Congrès des Psychanalystes de Langue Française des Pays Romans” sur le thème “La castration et le féminin dans les deux sexes”, Jean Cournut brosse une fresque impressionnante de la métapsychologie freudienne interprétée par la pensée psychanalytique française “traditionnelle”. A l'heure où les analystes sont confrontés à la multiplicité des “écoles psychanalytiques” qui impliquent des façons d'analyser parfois très différentes, l'auteur a le grand mérite de préciser la spécificité de la tradition psychanalytique qu'il représente par rapport à d'autres courants de pensée, notamment le courant anglo-saxon. J. Cournut inscrit les différences entre les analystes dans des contextes culturels dont il reconnaît lui-même l'influence. Il relève la “valorisation des représentations (de choses et de mots) et de leur liaison par le langage” dans la culture psychanalytique française “aux détriments peut-être de la prise en compte théorique, clinique, et pratique du registre énergétique, celui des sentiments, des émotions, de la sensibilité, des comportements…” plus volontiers pris en compte par les anglo-saxons. C'est dans cette optique que J. Cournut précise et argumente ses repères en les étayant sur sa connaissance approfondie de l'oeuvre de Freud. Pour