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Comme la plupart des évidences avec lesquelles nous travaillons, la notion d'attitude analytique reste difficile à cerner.
Freud (1912) l'articule à l'idée de neutralité. Celle-ci ne m'a jamais parue satisfaisante. Elle passe par trop sous silence les tourments contre-transférentiels de l'analyste et la nécessaire élaboration psychique qu'il doit pouvoir en faire.
De plus, elle est purement négative. Et ce, même si l'adjonction du qualificatif bienveillant—bien imprécis—tente de lui conférer une valeur positive.
Elle risque, par ailleurs, d'encourager la passivité, le laisser faire et la non intervention systématique de l'analyste. Poussée à l'extrême une telle attitude s'avère souvent préjudiciable à la cure. Elle crée un terrain favorable aux régressions malignes et ne favorise nullement la contention des tendances destructrices du patient.
Comment définir l'attitude analytique? Quels en sont les paramètres?
Cette attitude me semble se définir, avant tout, comme celle qui favorise au mieux l'évolution psychique. Tentons d'approcher cette notion. Meltzer (1971) souligne -à juste titre- la nécessité pour l'analyste de recevoir en lui l'identification projective du patient avec la souffrance qui lui est inhérente.
La réceptivité, l'introjection, le contrôle de soi, le profond désir de comprendre, sont pour lui les qualités requises d'un analyste au travail.
J'ajouterai qu'étant donné la relation particulièrement intime qui se noue entre analysant et analyste, il me paraît inconcevable que les évolutions psychiques des deux partenaires soient indépendantes.
Les changements psychiques de l'analysant ne peuvent advenir si l'analyste ne s'ouvre à une évolution personnelle. Celle-ci est influencée par les couleurs et nuances émotionnelles propres aux processus singuliers de ses différents patients.
Etre réceptif à l'impact affectif de l'analysant implique de l'accepter jusque dans le tréfonds de son propre fonctionnement psychique inconscient. Si tel