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Jacqueline Schaeffer a choisi un éclairage très personnel pour interroger “l'énigme de la sexualité” dont, selon Freud, le “refus du féminin” représente “une part”. Ce refus, commun aux deux sexes, c'est néanmoins chez la femme qu'elle en parle essentiellement. Et le féminin dont elle choisit de débattre est, nous dit-elle, le “féminin sexuel”, position qui privilégie le “pulsionnel”, “sexuel” de surcroît. Ce féminin trouve son plein épanouissement dans la jouissance sexuelle obtenue dans la relation sexuelle avec l'homme qui “crée et arrache” son “féminin” à la femme. Ce féminin sexuel est dépassement génital des modalités prégénitales envisagées par Freud, l'envie du pénis et l'angoisse de passivation homosexuelle; ces dernières modalités sont, pour J. Schaeffer, des défenses contre l'angoisse de pénétration génitale, “roc du féminin”.
Le refus de ce féminin spécifié par la pénétration est mis en relation avec l'existence de la poussée constante de la pulsion dont la femme est la dépositaire. Cet élément introduit une dimension économique dans les propos de l'auteur. En effet ta pulsion, et plus précisément la pulsion sexuelle, fait violence au moi qui doit s'en accommoder. Accepter le féminin, c'est “laisser la poussée constante de la pulsion s'emparer de leur moi pour en arracher la jouissance”, c'est désirer la soumission à l'amant, “masochisme erotique” coextensif du féminin de la femme. La femme est sans cesse en butte à l'antagonisme interne entre son désir d'être effractée et le sursaut de son moi contre cette “défaite”. Mais cette “défaite” acceptée constitue, en réalité, la grande victoire génitale de la femme dans la mesure où elle préside à un travail