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Avec beaucoup de précision Jacqueline Godfrind a formulé une question-cié par rapport à fa théorie psychanalytique : “S'il est vrai que l'affect trouve ses racines dans le corps, comment s'opère cette transformation qui, de l'excitation physiologique, de la tension de base, des décharges du corps, de sa détente, conduit aux affecte symbolisés?”(1).
Le psychanalyste et psychosomaticien toulousain Daniel Rosé a consacré une oeuvre fondamentale, et qui servira sans doute de référence, à l'éclairage justement de cette question qui a tant d'importance pour le clinicien dans son quotidien. Dans le but de pouvoir penser le carrefour-échangeur entre quantité et qualité, soma et psychique, excitation non-lîée et pulsion représentée, entre force et sens, il (re-)interroge le concept freudien du masochisme érogène primaire dont il met en valeur la qualité de permettre—ou non—de supporter l'excitation; il serait le “lieu, enfoui, de la naissance—plus ou moins réussie—du sujet à lui-même en lien avec l'objet”. Pour souligner donc sa grande positivste et pour le détacher plus nettement des concepts du masochisme pervers et du masochisme moral, Daniel Rosé l'appâte “l'endurance primaire”. Mais il ne s'agit nullement d'une nouvelle désignation volontaire de quelque chose depuis longtemps connu. En se référant avec autant de savoir que de respect à des nombreux travaux de psychanalystes et de philosophes notamment français, Daniel Rosé élabore et développe tout au long de son livre la potentialité et la fécondité jusqu'ici ignorées de ce concept pour la théorie et fa pratique psychanalytiques et, évidemment, psychosomatiques.
Le philosophe Paul Ricoeur, dans son Essai sur Freud de 1961, avait cherché en vain “le point de flexion entre la force et le sens” dans la métapsychologie freudienne; il a dû constater que Ton faisait, le plus souvent, de la force un'pur” reste que le psychisme ne peut métaboliser. Christian David était parmi les premiers à essayer de répondre à Ricoeur en désig