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1988
Dans l'analyse, c'est la présence de l'Autre qui est le gage de l'espoir (Haynal).
La question de la fin d'une analyse a considérablement évolué depuis que Freud inventa cette nouvelle méthode thérapeutique, applicable à l'époque à ce qu'il était convenu d'appeler les névroses. Le souci essentiel dans l'estimation d'une fin d'analyse portait sur le fait de savoir si cette méthode curative engendrait les résultats escomptés et méritait dès lors la considération “scientifique” que trop de détracteurs lui contestaient. Le contexte était donc passablement polémique, et l'attention essentiellement portée sur l'amélioration des symptômes dont pouvait souffrir le patient.
On sait l'évolution intervenue depuis, au point même qu'aux yeux de certains analystes, la cure devrait se dépouiller de toute visée “curative”, la guérison devenant en quelque sorte un événement “de surcroît”. Loin d'être totalement fausse, cette façon de voir, si elle est poussée à l'extrême, prive la cure de sa véritable dynamique interne, liée à la souffrance psychique, et elle la confine à devenir une sorte de “chemin de la connaissance” de soi au même titre que ce que préconisent d'autres disciplines. La difficulté réside dans le fait de pouvoir conjuguer effort thérapeutique et quête de la vérité (inconsciente), et il est vrai que le paradoxe de la guérison est qu'elle advienne à partir d'une décentration du propos initial.
La question des critères de fin d'analyse se calquait donc, aux débuts de la pratique, sur celle de l'efficacité de la cure, dont nous disions tantôt combien elle importait aux yeux de Freud, dans le contexte polémique de l'époque. Cette double question a perdu à l'heure actuelle de son acuité, même si elle mérite, comme nous l'avons rappelé, de garder une certaine place dans toute considération de fin d'analyse.
Au risque de simplifier un peu, je dirais que l'analyse a ses débuts consistait à rechercher et à élucider, à partir du discours “l