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L'expérience que je vais exposer ici me tient à coeur pour deux raisons au moins. Si toute thérapie est forcément singulière, les moments que j'ai vécu avec Mike ont été d'une intensité inhabituelle et je voudrais faire partager mon intérêt et, je l'espère, mon admiration, pour les remarquables capacités de représentation graphique de cet enfant. Par ailleurs, if me semble que son fonctionnement psychique pose des questions très intéressantes d'un point de vue théorique, en particulier par rapport aux enclaves autistiques chez des personnalités complexes déjà décrites par Francés Tustin, j'y reviendrai par la suite.
Mike (1) est le deuxième d'une famille de trois enfants. Les parents vivent séparément depuis quatre ans et ont reformé un couple chacun de leur côté. Les enfants restent chez leur mère, mais Mike passe un week-end sur deux chez son père et c'est ce dernier qui l'accompagne lors de la première consultation. Sans être en mesure de spécifier exactement de quoi il s'agit, te père me rapporte que la mère de Mike se plaint de son comportement et, en effet, j'apprendrai d'elle lors de la deuxième consultation qu'il a été renvoyé de son école. Nous sommes alors en juin, Mike ne suit plus les cours depuis Pâques et sort d'une hospitalisation pour évaluation et traitement de ses troubles du comportement; hospitalisation pendant laquelle il s'est montré sous trois facettes fort différentes: intelligent et collaborant, « normalement adapté » (ses problèmes comportementaux ne l'ont d'ailleurs jamais empêché d'obtenir de bons résultats scolaires dans les établissements qu'il a fréquentés jusqu'alors); replié sur lui-même, catatonique; ou encore très agressif lors de violents raptus imprévisibles. Le diagnostic fait état de « psychose infantile avec un secteur autistique ». It souffre également d'encoprésie. Les médecins ont suggéré à la mère de placer Mike dans un I.M.P. et de lui faire suivre une psychothérapie, ce qu'elle se décide à faire, non sans une forte rétice