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S'il est une oeuvre qui secoua le cocotier analytique en France dans les années 70, c'est bien celle de S. Viderman.
Un livre paru récemment et écrit par Andrée Bauduin nous rappelle, dans un style clair et détaillé, qu'il fut question, pas moins, d'une véritable révolution épistémologique concernant la théorie de la cure.
La Construction de l'Espace Analytique paru en 1970 fut un fameux pavé dans la mare: “oeuvre d'un esprit rebelle qui tourne le dos aux facilités et aux effets de mode et pourchasse les idées toutes faites, oeuvre ambitieuse qui s'attaque au conformisme présent dans la pensée psychanalytique et tente de troubler son sommeil dogmatique”, l'auteur nous rappelle que cette oeuvre fut aussi écrite dans un style combatif, contestataire, polémique et entraîna nombre de critiques, de colloques, bref une oeuvre qui fit penser et repenser les bases et postulats de la technique.
La psychanalyse contemporaine doit beaucoup à S. Viderman.
De quoi s'agissait-il?
Pour la clarté de l'exposé, A. Bauduin sépare deux problèmes qui sont en réalité constamment dépendants l'un de l'autre:
critique de Freud et de son postulat déterministe
l'espace analytique se construit, l'interprétation est création.
D'après S. Viderman, la pensée de Freud repose constamment sur l'hypothèse que la névrose est la conséquence d'un événement historique, reparable, daté. Evident avec la neurótica, cette conception ne disparaît pas avec elle comme le montre l'argumentation et les développements que Freud fait à propos du rêve de l'homme aux loups concernant la scène primitive, ou à bien d'autres occasions (L. de Vinci par exemple).