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Je me souviens bien de la très forte impression que Winnicott fit sur moi lors de notre premier contact et comprends donc pourquoi tant d'analystes, plusieurs de ses patients et même des enfants ont conservé le souvenir de leur rencontre avec lui. Ils expriment toujours de la surprise, un étonnement émerveillé devant quelque chose qui parait rare, inhabituel et parfois légèrement déconcertant.
Lorsque nous relisons quelques-unes de ses expressions les plus connues: “un bébé, ça n'existe pas”, “nous sommes pauvres si nous sommes seulement sains d'esprit”, ou “c'est une joie d'être caché, et un désastre de n'être pas trouvé”, nous sommes immédiatement touchés de la même façon. Pourquoi personne n'a dit cela auparavant? Cela semble si simple et cependant si juste. Plus tard, doutes et questions viennent à l'esprit: est-ce vraiment vrai? Est-ce réellement si simple? Qu'en faisons-nous?
En 1968, quand il présenta son article “The use of an object and relating through identification” à l'Institut psychanalytique de New-York, ni son vocabulaire, ni son mode de pensée ne furent compris et l'accueil très négatif qu'il reçut fut discuté minutieusement dans un article récent de .
Une opinion plus positive, non dénuée d'ambivalence cependant fut celle de Sacha Nacht qui dit un jour: “Winnicott? Il est fou, mais c'est un génie”.
Serge Lebovici pensait qu'il était un génie inimitable et ajoutait qu'il serait dangereux que d'autres, n'ayant pas sa stature, soient tentés d'imiter sa liberté de pensée.
Effondrement, folie et santé sont de ces mots courants dont Winnicott usait pour aborder des concepts qui sont souvent masqués d'un langage spécialisé et élaboré, nuisible à la compréhension.
Winnicott évitait cela et sa façon très individuelle de communiquer, à la fois par la parole et l'écriture, n'étaient pas de l'affectation, mais une partie essentielle de son message.
Qu'il s'adressât à une mère, à un très jeune enfant, à un collègue, à un groupe ou à une assemblée de congre