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J'ai pour Donald Meltzer le plus grand respect comme penseur de la psychanalyse. Son originalité, sa créativité ont, en son temps, participé à l'évolution des connaissances sur le fonctionnement psychique et les moyens de soulager la souffrance des patients. Nous l'avons vu « travailler » à la Société belge de Psychanalyse. Son sens clinique et sa chaleur dans la communication nous avaient séduits. Sans doute, cette admiration pour Meltzer rend-elle d'autant plus intenses la déception et la révolte suscitées par les propos qu'il tient dans l'interview publié dans le n° 36 de la revue. Je m'attacherai, pour ma part, à ceux qui concernent la psychanalyse sans oublier pour autant l'aspect choquant de ses positions anti-sémitiques.
Fidèles à la politique des « Carrefour », les questions posées à Meltzer orientent le débat vers des commentaires sur l'état actuel de la psychanalyse. Les réponses qu'apportent Meltzer sont consternantes, sur le fond comme sur la forme. Du moins est-ce l'impression que je ressens en le lisant, particulièrement dans les positions qu'il adopte quant à l'institution psychanalytique et la formation. C'est en tant que membre de très longue date de la Commission d'Enseignement responsable de la formation, et ancienne