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Dans la “Métaphysique des tubes”, Amélie Nothomb écrit: “Les yeux des êtres vivants possèdent la plus étonnante des propriétés: le regard. Il n'y a pas pius singulier. On ne dit pas des oreilles des créatures qu'elles ont un “écoutard”, ni de leurs narines qu'elles ont un “sentard” ou un “reniflard”. Qu'est-ce que le regard? C'est inexprimable. Aucun mot ne peut approcher son essence étrange. Et pourtant, le regard existe. Il y a même peu de réalités qui existent à ce point. Quelle est la différence entre les yeux qui ont un regard et les yeux qui n'en ont pas? Cette différence a un nom: c'est la vie. La vie commence là où commence le regard”
Ayant toujours eu une grande fascination pour le regard, c'est avec enthousiasme que nous avons accepté l'invitation de collègues hollandais de participer à une journée de réflexion sur la vue (Bij nader inzien) en mai 2000. Ce thème rejoignait le sujet choisi par la Société Belge de Psychanalyse pour son colloque consacré à “Réalité—Inconscient—Perception”. Parmi nos différents sens, c'est celui dont la perte nous semble un des malheurs humains le plus difficile à supporter.
S. Freud (1900) a très tôt défini la conscience comme liée à la perception. Il écrit: “la conscience est selon nous la face subjective d'une partie des processus psychiques se produisant dans le système neuronique, nommément les processus perceptifs”. Dans le vocabulaire de J. Laptanche et , le terme perception n'est pas défini et le lecteur est renvoyé au terme “conscience”. La thèse de Freud, qui sera maintenue tout au long de son œuvre, donne une priorité dans le phénomène de la conscience à la perception et principalement à la perception du monde extérieur. Dans la théorie de l'épreuve de réalité on constate une synonymie significative entre les termes: indice de qualité, indice de perception et indice de réalité (S. Freud, 1911).
La conscience des phénomènes psychiques est, elle aussi, inséparable de la perception de qualités: la conscience n'est rien d'