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“C'est au sein de l'expérience inaugurée par Freud - expérience indissolublement clinique et théorique—je dirai: philosophique— que se situe ma pensée; non pas pour en polir les angles ou en perfectionner les détails mais pour la faire travailler et, au plein sens des mots, lui faire « rendre l'âme ».
MFD. Je vous remercie, Monsieur Laplanche, de nous consacrer un moment pendant ce congrès sur « Le rêve, cent ans après ». La Revue Belge de Psychanalyse souhaite en effet avoir un aperçu de votre vision actuelle de la psychanalyse. Je me souviens que votre livre « Vie et mort en psychanalyse » a été et est encore pour moi un ouvrage important…
JL. « Vie et mort en psychanalyse » a été pour moi un moment important, un ouvrage fondamental pour ma pensée. Il m'a permis de recapitaliser des notions qui étaient déjà dans le Vocabulaire de la psychanalyse, mais là, j'ai pris des options plus nettes, selon la même orientation, c'est-à-dire que j'ai fait « travailler Freud », que j'ai mis la pensée de Freud, et pas seulement son texte, au travail. J'ai mis son expérience en question en essayant de l'approfondir. Je n'ai pas voulu essayer de construire « autre part »: je trouve que le tort de la psychanalyse actuelle, c'est de construire à côté, sans cesse à côté. A mon avis, la psychanalyse ne peut se refonder, se reconstruire, si elle doit le faire, que sur le terrain freudien, quitte à remanier considérablement les choses, mais sur le terrain freudien. Ce n'est pas en disant « je fais ma petite maison » à la Kohut, à la Mélanie Klein, à la Bion, etc. à côté, que nous faisons avancer les choses. Rester sur le terrain même de Freud, en faisant « travailler Freud », c'est ça l'important.
Mais en même temps il est nécessaire de prendre des options: il est certain que j'ai pris des options plus nettes vis-à-vis de Freud et que j'ai apporté des choses qui sont nettement plus critiques vis-à-vis de F