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“La doctrine des pulsions est, pour ainsi dire, notre mythologie. Les pulsions sont des êtres mythiques, grandioses dans leur indétermination. Nous ne pouvons, dans notre travail, faire abstraction d'elles un seul instant, et cependant nous ne sommes jamais sûrs de les voir distinctement.” (1933, p. 178) Freud avait même concédé qu'il fallait être “croyant” pour accepter cette “mythologie”.
Avec sa nouvelle théorie des pulsions des années vingt, il introduit la notion d'une pulsion de mort: celle-ci s'opposerait aux “pulsions de vie” et tendrait à la réduction des tensions”
Quant à cette nouvelle théorie des pulsions, ne s'agit-il vraiment que d'une croyance, d'une “Weltanschauung”?
En effet, il serait difficile d'accorder au statut de pulsion de mort une vérité saisissable ou une réalité concrète.
La dimension intuitive dans la formulation de la pulsion de mort est évidente, tout comme l'aspect déconstructif par rapport à la pensée psychanalytique qui précédait. Beaucoup de psychanalystes ont trouvé la dernière théorie de pulsions bien trop spéculative, voire même inquiétante—il est vrai que, après le tournant théorique des années vingt, le principe de plaisir était subordonné à la pulsion de mort -, et ils ont refusé de suivre, sur ce plan, la pensée de Freud.
Ainsi on peut distinguer deux courants parmi les praticiens de la psychanalyse, ceux qui désormais estiment que le concept de pulsion de mort s'avère utile, en regard de leur clinique, et ceux qui n'y “croient” pas.
D'ailleurs, on peut s'étonner que le concept de pulsion de mort n'ait pas encore vécu sa propre mort, vu la rationalité de plus en plus unidimensionnelle du discours scientifique dominant et les tentatives au sein même de la communauté psychanalytique de se présenter comme fréquentable par les “vrais scientifiques”.
Prendre en compte la pulsion de mort est une démarche difficile du fait que cette notion ne repose que sur des conjectures métapsychologiques, cette “sorcière”, comme Freud appelait sa métap