You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Les quelques réflexions rassemblées ici sont le fruit d'élaborations concernant une cure analytique longue et difficile mais qui a été très stimulante et très gratifiante. Cette patiente, que j'appellerai Madame B, très douée sur le plan artistique, s'est mise à dessiner et à peindre lors de la deuxième séparation prévue dans son analyse.
Elle m'a apporté son premier dessin à la reprise de nos séances. Elle a réalisé tout au long de notre travail analytique une quinzaine de dessins et de peintures ainsi que quelques sculptures. Ses productions, toujours figuratives, ont mis en scène ses rêves et ses fantasmes.
Madame B a eu une histoire infantile très traumatique, parsemée d'abandons et de maltraitances psychiques, physiques et sexuelles.
Dans sa situation, les interactions précoces mettant en jeu les mécanismes d'identification projective en tant que moyen premier de communication (cfr. Bion) indispensables à la santé psychique de l'enfant, ont été défaillantes.
Elle n'a pas pu projeter l'excès de sa souffrance, de son angoisse, dans un objet contenant pour développer ses capacités de pensée. Ainsi, ses angoisses de séparation ont pris une allure catastrophique, un danger de mort psychique portant directement sur la relation contenant-contenu assurant sa sécurité de base.
Il s'est produit chez elle une réelle impossibilité d'élaborer de manière satisfaisante la phase de séparation-individuation et la position dépressive.
Cependant Madame B n'est pas psychotique, elle a présenté un fonctionnement en état limite, bien accrochée à la haine tout en la méconnaissant.
J'ai été très admirative de ses forces d'accrochage à la vie, même si elles se sont parfois exprimées dans un terrorisme de l'affect, dont elle ne se doutait même pas.
Dans la cure, nous avons rencontré: