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“Le personnage dans un tableau qui ne nous regarde pas, ni quiconque d'autre, ce personnage regarde peut-être le double de l'artiste, et nous, cherchant à voir à travers les yeux de l'artiste, nous sommes peut-être confrontés à notre propre double. A mon sens, le tableau de Velasquez est troublant parce qu'il est une métaphore élégante de ce genre de situation dans lesquelles on se situe avec difficulté et où on ne voit pas clairement ce qu'est l'objet et ce qu'est sa représentation, le dedans ou le dehors, la personne ou sa réflexion. Cela pourrait être pris comme la scène d'un rêve.” J. Innes Smith (1998).
Nous sommes dans l'atelier d'un peintre; le devant de la scène est occupé par l'infante Margarita et ses demoiselles d'honneur (les “Ménines” (3)). Au deuxième plan se trouve Velasquez, le geste suspendu devant sa toile. Tous semblent marquer un temps d'arrêt, nous regardant. Au fond de la pièce, se découpant dans la clarté d'une porte ouverte, un personnage en noir observe la scène; en s'attardant, l'œil averti découvre, accroché au mur du fond, un miroir où se reflète une image imprécise, dont il s'avère qu'il s'agit de celle du roi Philippe IV et de la reine Marie-Anne d'Autriche.