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Les analystes n'ont jamais été très surpris ni très scandalisés par la phrase de Simone de Beauvoir: on ne naît pas femme, on le devient.
Depuis Freud, on sait désormais que la psychosexualité est un domaine extrêmement complexe, que les choses y sont loin d'être jouées d'avance, que le chemin qui mène à l'identité sexuée est plein d'aléas et de détours.
On a beaucoup écrit sur les femmes… surtout les hommes.
Freud lui-même, on lui en a fait reproche, s'est livré à cet exercice parfois de manière très “phallocentrique”.
Mais, peut-être justement en raison de ses erreurs et de ses insuffisances, en s'appuyant sur elles, les femmes analystes ont-elles pu progressivement développer leurs idées et leurs remises en question de la théorie du “maître”.
À commencer par Lou Andréa Salomé qui, avec intelligence et vivacité d'esprit, avait déjà mené ce dialogue avec Freud, jusqu'à Mélanie Klein qui continua d'en débattre avec détermination et en opposition avec Anna.
Le débat a donc continué.
“Il faut bien le reconnaître, la femme occupe une place de choix dans la littérature analytique d'aujourd'hui” nous dit Jacqueline Godfrind en commençant son livre. Depuis le travail collectif, sous la direction de Chasseguet-Smirgel, le nombre d'ouvrages publiés sur la question est en augmentation constante.
On l'explore ce continent noir!
Le mérite de J. Godfrind est d'affronter la complexité du problème faite de l'ambiguïté des termes (sexualité féminine—féminin—féminité) et de la multiplicité des références théoriques et des points de vue (l'archaïque est-il sexué, le sexe “réel” de l'analyste, le féminin et le maternel)