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Une analysante, malade d'un cancer, craint une récidive. Davantage encore que d'habitude, il est, pendant les séances, question de ses angoisses de mort terrifiantes. Nous attendons toutes les deux, d'une façon différente, les résultats médicaux avec angoisse. Le jour J arrive, elle se couche sur le divan, me fait part de la très mauvaise nouvelle : on a trouvé une nouvelle tumeur. Ce sur quoi, instantanément, derrière le divan, je m'endors.
Quand je me réveille, après un sommeil de quelques instants, j'ai du mal à comprendre ce qui m'est arrivé. Cela ne fait pas partie de mes habitudes de somnoler dans mon fauteuil. Je n'étais non plus spécialement fatiguée. De plus, je tenais beaucoup à cette analysante et, dans mon vécu contre-transférentiel habituel par rapport à elle, je ne m'étais jamais sentie menacée de me retirer psychiquement d'elle. Au moment où elle développe sa deuxième tumeur, elle est en analyse depuis 4 ans à raison de quatre séances par semaine.
Le besoin de mieux comprendre ma réaction contre-transférentielle m'a amenée à considérer d'autres situations analytiques où j'avais été assujettie à des réactions contre-transférentielles violentes.
Ma réaction violente n'était pas ce que l'on pourrait comprendre comme position contre-transférentielle, mais plutôt de l'ordre de ce que Catherine Parat nomme un contre-mouvement (Parat, , p. 165) Je pense qu'il y a lieu de différencier cette réaction ponctuelle, contre-mouvement contre-transférentiel inhabituel, par rapport à une position, voire une structuration contre-transférentielle. Ma réaction se distinguait nettement du courant majeur de ma position contre-transférentielle : j'avais été plutôt dans la position d'une mère pare-excitante et soutenante, très en contact avec les parties narcissiques de l'analysante. Elle avait dû endurer des carences importantes dans sa toute première enfance, notamment des séparations précoces prolongées d'avec sa mère, tout à fait traumatiques, que nous avions, pendant les a