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Les concepts avec lesquels la situation psychanalytique est pensée ont une histoire, ils varient en fonction de la représentation et des théories du processus analysant qui sont élaborées pour rendre compte de son efficace. Quand l'on attend que la situation optimise la « prise de conscience » d'un ensemble de représentations psychiques déjà « formées » et simplement refoulées, on ne théorise pas l'espace analysant de la même manière que quand on pense que celui-ci n'a pas seulement à accueillir des représentations déjà déposées dans un espace psychique peu accessible, inconscient, mais aussi à « produire » des représentations jamais formées antérieurement, à rendre possible un travail de symbolisation et de création. Et si l'on ajoute, comme c'est le cas dans la psychanalyse contemporaine, l'impératif selon lequel la symbolisation de l'expérience subjective doit s'accompagner d'un travail d'appropriation subjective, de subjectivation, la théorie du site analytique se modifie aussi dans la même proportion.
Pour Freud, la situation psychanalytique est surtout conçue comme un dispositif devant assurer un confort d'écoute de l'analyste, condition d'une bonne « attention flottante », et une situation suffisamment neutralisée pour que le transfert et la « névrose de transfert » spontanée qui s'y développent, puissent devenir analysables. Ce n'est que dans l'après-guerre que le problème de ce que peut induire ou « suggérer » la situation commencera à être pris en compte (I. Macalpine, D. Lagache), que l'on commencera à s'aviser que la situation, le « cadre», « produit », « induit » la création de la névrose de transfert, qu'elle ne se contente pas de rendre analysable ses formes « spontanées ». Le transfert est le produit de la manière dont la relation et l'espace sont organisés, encadrés par un certain nombre de règles, par l'organisation même du dispositif, par contre, pour être analysable, il doit apparaître comme « spontané », issu des seules productions psychiques de