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La question que je voudrais examiner aujourd'hui pourrait s'énoncer de la manière suivante : quand nous disons que nous faisons de la clinique, que nous présentons p. ex. un cas clinique destiné à illustrer un concept théorique, faisons-nous effectivement de la clinique ou bien que faisons-nous?
La formulation est simple mais je pourrais dire qu'elle n'a cessé de me préoccuper depuis les années, où parti d'une formation médicale, je me suis de plus en plus intéressé à la psychanalyse.
Les rapports entre médecine et psychanalyse sont étroits, complexes, contradictoires et le mot clinique est de ceux qui se retrouve constamment dans ces deux champs.
On ne peut qu'être frappé par l'abondance du terme : cas clinique, matériel clinique, séminaire clinique, confrontations théorico-cliniques, psychologie clinique.
Il s'agit d'une expression que nous utilisons fréquemment au point qu'elle en devienne « naturelle », évidente, comme si le mot recouvrait une chose entendue que nous n'aurions plus à interroger.
C'est précisément cela que je voudrais examiner.
Le mot clinique apparaît dans la langue française pour la première fois vers la fin du 16ème s. (1586).
Il est d'origine grecque : kliné : le lit, klinikos : qui concerne le lit.
Il désigne la médecine qui s'exerce au lit du malade.
Ce n'est pas un hasard s'il surgit à cette époque.