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(La pensée) n'est pas ce que nous voulons, elle est ce qu'elle veut Ceci revient bien sûr à personnaliser la pensée comme si elle était un être doté d'une volonté propre. Une telle sorte de pensée existe — celle qui est attribuée et ressentie comme émanant des objets internes — comme l'inspiration ou la persécution. Mais plus généralement, la pensée et le processus de penser sont le résultat d'une interaction complexe de nos pulsions, de nos désirs, de nos phantasmes et de nos perceptions. Et, de ce fait, une pensée n'est pas nécessairement ce que nous souhaiterions qu'elle soit
La liberté de pensée - et au mieux je pense que nous n'avons encore qu'une liberté très limitée à cet égard - signifie la liberté de connaître nos propres pensées et ceci signifie que nous avons à connaître les pensées importunes aussi bien que les pensées bienvenues, les pensées anxieuses, celles qui sont vécues comme « mauvaises » ou « folles » aussi bien que les pensées constructives et celles qui sont ressenties comme « bonnes » et « saines ». La liberté de pensée c'est être capable d'examiner la validité des pensées en ternies de réalités externes ou internes. Plus nous sommes libres de penser, mieux nous pouvons juger ces réalités et plus riches sont nos expériences. Mais à l'image de toute liberté, elle est ressentie également comme entrave en cela qu'elle nous fait nous sentir responsables de nos propres pensées.
S. F. : Vous avez été une des principales figures analytiques de ces dernières cinquante années non seulement en Angleterre mais dans le monde entier. Vous êtes actuellement reconnue comme la gardienne de l'œuvre de Mélanie Klein. Comment voyez-vous les évolutions qui traversent le monde analytique de nos jours à la lumière de votre expérience?
Hanna Segal : Ce dont je veux d'abord parler c'est du développement kleinien et l'importance que prend la notion de fantasme inconscient que M. Klein voit comme cette couc