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A l'heure où les praticiens de la psychanalyse s'interrogent sur les divergences dans leur clinique et tentent de cerner ce qui, au-delà des différences « techniques », reste commun dans leur mode d'écoute et d'intervention, le livre de Sylvie Faure-Pragier apporte un précieux document de travail.
L'ouvrage relate une analyse menée il y a plus de vingt ans. L'auteur appartient au mouvement de « l'école française » caractérisé par l'accent mis sur l'organisation névrotique, le refoulement, la sexualité infantile. Le titre l'indique : le cas relève de la perversion. Toutefois, comme en débat l'auteur, il ne s'agit pas d'une structure perverse mais de défenses perverses, ce qui explique l'intuition de l'analyste qui pose une indication d'analyse malgré la violence et l'horreur du symptôme pervers.
S. Faure-Pragier a le grand mérite de mettre à la disposition du lecteur le déroulement complet d'une analyse selon une conceptualisation qui montre combien la mise en forme de l'articulation fantasmatique d'une organisation oedipienne précaire avec ses soubassements prégénitaux et narcissiques peut être structurant pour autant que l'analyste ne se laisse pas abuser par l'utilisation pervertissante que fait le patient de la sexualité infantile. Cette « histoire de cas » est enrichie par les interrogations de l'auteur sur les paramètres « théorico-cliniques » afférents à la cure, indication d'analyse, niveaux d'interprétation, implication contre-tranférentielle dans ses doutes, ses errements, son questionnement permanent.
Dans un dernier temps, l'auteur revisite la cure dans une perspective qui tient compte de l'évolution des références utilisées pour caractériser certains moments du fonctionnement psychique : elle évoque la détresse primaire contre laquelle se construisirent les défenses perverses, l'accès à la position dépressive… pour terminer en s'interrogeant sur la stabilité de l'amélioration apportée par l'analyse quand le noyau psychotique n'a pu être modifié.
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