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Pour mieux comprendre la vie psychique, les théories psychanalytiques développent des concepts complexes où des notions parfois abstraites s'articulent dans des constructions économiques, topiques et dynamiques. Le territoire respectif dévolu à certains phénomènes psychiques, ainsi que leurs relations dialectiques et hiérarchiques, peuvent varier selon les postulats de départ. Ainsi en est-il de l'imaginaire et de ses rapports avec la symbolisation. J'aimerais montrer comment sa restriction au spéculaire ou son élargissement à un champ plus vaste, directement en lien avec les processus de représentation, déterminent l'interprétation de processus psychiques tels que la recherche de sens, la symbolisation par le jeu, le rêve et la rêverie maternelle.
Pour Lacan, c'est essentiellement l'inscription du psychisme dans le Symbolique qui rend compte de la spécificité de l'humain. Même si la théorie du nœud borroméen peut sembler conférer au Symbolique, à l'Imaginaire et au Réel une consistance équivalente, il existe bien dans la plus grande partie de l'œuvre de Lacan primauté du signifiant, c'est-à-dire du Symbolique [1[ (p. 90-97). Le Symbolique comme champ du langage, de la loi et de l'altérité, est pour lui “pré-existant” et autonome [2] (p. 912). Il existe en effet chez l'Autre avant que le sujet n'y accède lui-même.
Dans la psychogenèse individuelle, la métaphore du Nom-du-Père vient décoller {'infans de la relation primordiale à la mère, où prévalait l'ordre de l'Imaginaire, pour introduire l'altérité et pour qu'advienne le règne du Symbolique. Bien entendu, c'est le jeu combiné de la place prise par le père (ou le tiers) et de celle qui lui est laissée et pensée par la mère qui permet le déploiement de cette fonction paternelle, et par son truchement la résolution du complexe d'Oedipe: “Ce sur quoi nous voulons insister, affirme Lacan, c'est (…) du cas que la mère fait de la parole du père, disons le mot, de