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L'article de Susan Heenen-Wolff a tout d'abord le grand mérite de reprendre l'un des thèmes les plus ardus de la pensée freudienne à la fois dans sa propre cohérence interne (comment l'œuvre de Freud pense et définit la liberté?), question qui intéresse les analystes, et dans sa capacité à comprendre ie politique (l'œuvre de Freud comprend-elle ou s'articule-t-elle à une définition de la liberté politique?), question qui intéresse d'autres disciplines, non seulement la philosophie et la science politique, mais, plus largement, les sciences sociales.
Sur ce premier point, Susann Heenen-Wolff rend très bien compte des tensions au sein de l'œuvre freudienne. Car d'un côté, Freud, y compris dans ses thèses phylogénétiques, représente l'homme comme » assujetti à des déterminants qui échappent à sa conscience et à sa volonté « (pour reprendre l'expression de Susann Heenen-Wolff). D'un autre côté, des » espaces de liberté de l'homme « continuent d'exister, et Susann Heenen-Wolff les explore avec acuité et conviction. De ce point de vue, elle retrace avec clarté tout le balancement de l'œuvre freudienne entre un pessimisme fondamental et, tout de même, de réelles lueurs d'espoirs sur l'homme et l'humanité. Ainsi, il est notoire que Freud garda en la science un espoir libérateur que d'aucuns jugeraient largement illusoire aujourd'hui (et hier aussi, dans l'œuvre de Heidegger et Arendt en particulier).
Le second rapport, celui de la pensée freudienne à une théorie de la liberté politique, est un champ extrêmement complexe et ardu, en premier lieu parce que Freud lui-même a été avare de réflexions explicites sur les liens entre sa pensée et celles d'autres théoriciens de la liberté. Evidemment, la nouveauté radicale de sa pensée et le fait qu'il provenait a fortiori de disciplines fortement étrangères à certaines philosophies (comme la métaphysique et le matérialisme), expliquent en grande partie ce silence propre à l'œuvre. Toutefois, l'article explorant justement ce rapport, i