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Dans cet article, je souhaite développer quelques réflexions suscitées par la rencontre avec de jeunes enfants amenés en consultation pour des comportements violents, dangereux pour eux-mêmes et pour leur entourage. Cette expression symptomatique et la souffrance qui la sous-tend entravent fortement leur développement psychique, cognitif et social.
Il me semble que dans la perspective d'un travail psychanalytique avec l'enfant violent, trois axes de compréhension soient nécessaires et complémentaires.
L'axe du travail psychothérapeutique individuel avec l'enfant sous-tendu par la compréhension de son fonctionnement psychique et l'approche de son monde interne.
L'axe du travail psychothérapeutique avec la famille sous-tendu par l'appréhension des phénomènes d'identifications projectives souvent très actifs dans ce type de pathologie.
L'axe du travail avec l'entourage de l'enfant sous-tendu par la compréhension et l'élaboration des mécanismes de répétition relationnels.
Ces jeunes enfants violents risquent de développer des « troubles graves de la conduite », catégorie nosographique qui recouvre actuellement les comportements d'opposition et de provocation, l'hétéro-agressivité et les conduites antisociales. La problématique de ces enfants nécessite une grande mobilisation et un grand investissement thérapeutiques qui obligent le psychothérapeute à un travail contre-transférentiel particulièrement sollicitant vis-à-vis de l'enfant et de sa famille mais aussi à un travail de réflexion créative et de collaboration avec les différents intervenants du réseau psycho-social qui le sortent du confort d'une certaine certitude.
Il me semble illusoire de pouvoir aider l'enfant à développer une pensée autonome et à déployer ses propres représentations sans ouvrir simultanément un espace thérapeutique pour penser avec la famille et, dans de nombreux cas, sans mettre en place un espace pour penser avec l'entourage. Ces deux derniers aspects me semblent essentiels car l'expre