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« Les secrets que partagent une mère et sa fille font ressortir l'image de femme que la mère porte en elle et… qui fera de sa fille la femme de demain ».
Bertrand Cramer « Secrets de femmes de mère à fille ».
Chaque étape du développement psychosexuel de la femme qui marque de son sceau le corps féminin : puberté, défloration, maternité, ménopause, indique le chemin emprunté par la petite fille dans son devenir femme, puis mère et s'accompagne de psychèmes qui sont au psychisme ce que les morphèmes sont à la langue. Ces phénomènes universels spécifiques au genre féminin n'évoquent pas de pendant pour l'autre sexe, rappelant que le temps ne s'imprime pas pareillement sur le corps de l'homme en devenir, capable de plaisir dû à la décharge orgastique, d'engendrement et parfois de jouissance jusqu'à la fin de ses jours. A l'aube de cette longue traversée où, pour les deux sexes, se posent les jalons d'une future vie sexuelle épanouie, père et mère sont convoqués, avec leur propre bagage émotionnel, à l'autel des premières relations affectives. Celles-ci initieront ou teinteront l'existence à venir de l'individu en devenir.
Le but de cet article est d'esquisser une explication psychanalytique et non de considérer un aspect d'une éventuelle pathologie à ce qui, dans l'intimité d'un tête-à-tête, s'offre à notre écoute clinique. Nous chercherons à débusquer ce qui, dans le lien mère-fille, se faufile parfois en filigrane dans un interstice de la relation, créant une fissure ou une fêlure, voire une brèche qui fait violence au Moi de la fille, ébranle son narcissisme et se dévoile progressivement comme une entrave à son féminin. Dans la troisième des «Nouvelles conférences sur la psychanalyse », Freud (1932) évoque une image éloquente, celle du cristal brisé dont les morceaux suivent nécessairement un bornage invisible préalablement inscrit dans la structure du cristal. « Se pose ici la question d'une transmission de mère en fille de ce qu'on pourrait appeler une stratégie, pou