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« L'ami supposé savoir donne forme et sens à l'événement »
Sur le fond noir, huit lettres rouges barrent brusquement l'écran en même temps que jaillit avec force la musique de Georges Delerue. 10 secondes s'écoulent ainsi sur cette mélodie tragique. Le titre en lettres rouges tremble sur le fond noir. Soudain, la lumière intense, une rue bordée de hangars et, sur la droite, deux rails sur lesquels roule le chariot qui porte la caméra et son opérateur et se rapproche lentement de l'avant-plan en suivant une femme qui s'avance. On assiste au tournage d'un film. Une voix énonce le générique : « c'est d'après le roman d'Alberto Moravia, il y a Brigitte Bardot et Michel Piccoli, il y a aussi Jack Palance et Georgia Mol et Fritz Lang. Les prises de vues sont de Raoul Coutard. George Delerue a écrit la musique (…). C'est un film de Jean-Luc Godard. Il est tourné en scope et tiré en couleurs (et quelles couleurs!… inoubliables…), il a été produit par Georges de Beauregard (un nom pareil pour un producteur de film, ça ne s'invente pas !)(…)».
Durant l'énoncé du générique, l'opérateur et sa caméra ont progressé vers nous, ils occupent à présent, en gros plan rapproché tout l'écran sur un magnifique fond de ciel bleu.
La voix off poursuit : « Le cinéma, disait André Bazin (2), substitue à notre regard un monde qui s'accorde à nos désirs, Le mépris est l'histoire de ce monde ».