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La honte survient lorsque les liens (objectaux et de pensée) sont menacés. Elle signale alors un risque de débordement du moi en même temps qu'un travail de celui-ci pour dépasser le traumatisme dont elle témoigne. Ceci, Claude Janin, dans son rapport au Congrès des Psychanalystes de Langue Française de 2003 (1), nous Ta bien montré.
Parmi les destins possibles de la honte, la projection peut constituer l'une des façons de tenter de s'en débarrasser et ce type d'humour qui consiste à stigmatiser l'autre, à le ridiculiser, à l'humilier, à lui infliger la honte, peut être le vecteur de cette projection. Cet humour, celui de la honte projetée sur l'autre, constitue des situations de barrière où, souvent, on ne sait plus de quel côté l'on se place (de celui qui exclue ou de celui où l'on subit l'exclusion). Et bien malin qui prétend s'en sortir aisément ! En relisant le texte de Freud—lui-même !—Le mot d'esprit et sa relation à l'inconscient, nous avons été frappé de l'insistance répétitive avec laquelle il avait parsemé son texte de « blagues juives » dont certaines sont ainsi à double tranchant. Nous reviendrons sur cette insistance—qui nous paraît significative et illustrative pour notre propos—mais voici tout d'abord trois d'entre elles (2) que nous avons choisies pour leur forte particularité projective, particularité qui ne peut que susciter chez le lecteur un vacillement au cours duquel il se trouve osciller entre le rire et l'effroi, entre les sentiments appartenant au monde de l'humour ou, à l'inverse à celui de l'antisémitisme le plus abject :