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Face au matériel clinique d'enfants autistes, avec Donald Meltzer et Martha Harris nous accédions aux procédures de «chant-et-danse », matrices du langage, sources de pensée. Maintes fois nous effleurions les lieux où beauté et vérité se conjuguent.
Les stimuli, sensations, réactions, élans prenaient corps et sens imaginables, transformables; ébauches de conflits interprétables.
D. Meltzer captait les événements d'apparence chaotique; l'émergence de « proto-affects ». La gestuelle oculaire, le crayonnage, l'espace, le sol, la lumière, un ballon éclaté (bruit collé à l'oreille, à la peau, en suspens, hors devenir), les multiples configurations (salive-langue-lèvres-bouche, par exemple), les fèces, l'éprouvé labyrinthique, les bras du thérapeute, l'odeur, l'haleine, la rugosité du papier, la brillance d'un mur, une grimace … se composaient en scénarios imprévisibles, susceptibles de générer du sens; de former des fantasmes.
Intuitif, parfois mystique (au sens de Bion : d'une attention nue, sans désir ni mémoire), docte ignorant des bibliographies bétonnées, Meltzer était aussi méthodique et studieux. Comparatiste rigoureux, il traçait les linéaments des concepts freudiens, kleiniens et bioniens en une esquisse colorée. Il se muait en archéologue du savoir et de l'expérience analytiques. De même, analysait-il finement les mouvements d'une psychanalyse d'enfant relatée par Mélanie Klein.
Son oeuvre élargit la métapsychologie. Le processus analytique, le rêve, la symbolisation, les scènes et espaces, les valeurs, le réel, la causalité, la vie psychique, la croissance, les intégrations somato-psychiques, l'heuristique peuvent difficilement ignorer ses explorations.